À Propos

ÉDITORIAL

Le plus beau film est un accident, un croc-en-jambe au dogme, et ce sont quelques-uns des films qui méprisent les règles, de ces films hérétiques, de ces films maudits dont la Cinémathèque française est le trésor, que nous prétendons défendre — Jean Cocteau.

Jean Cocteau avait son Festival du Film Maudit, Metz a, depuis 2016, son Festival du Film Subversif.
Le cinéma le plus beau à défendre est celui qui met nos sens en éveil, qui nous bouscule hors de notre zone de confort et bouleverse nos idées préconçues. À une époque où l’on associe bien trop souvent le 7ème Art à une simple industrie du divertissement, rappelons par un rendez-vous festif et édifiant qu’il est avant toute chose un mode d’expression artistique singulier et précieux. En sélectionnant au niveau international des longs et courts-métrages « subversifs » c’est-à-dire audacieux et forts de par leur contenu, leur esthétique ou le rapport qu’ils établissent avec le spectateur, c’est une culture cinématographique diverse et plurielle qui est mise en valeur à Metz.

Le Festival du Film Subversif de Metz (FFSM) permet aux équipes artistiques invitées d’établir un rapport vivant avec le public notamment avec les plus jeunes spectateurs. Les artistes sont en mesure de défendre au mieux leurs œuvres qui bénéficient d’une diffusion réfléchie de qualité sur notre territoire. Projeter des films courageux et inhabituels dans un contexte militant sert l’incroyable dynamique culturelle existant déjà en Lorraine et en particulier à Metz, berceau de festivals d’Arts Vivants réputés. En collaborant avec les acteurs culturels locaux pour l’accueil des projections, ciné-concerts, master-classes et autres, en se décentralisant sur un axe transfrontalier Luxembourg-Thionville-Nancy et en effectuant un vrai travail d’information et de formation des différents publics, le FFSM, célébration du 7ème Art, constitue une action valorisante et fédératrice pour le territoire.

Pour cette seconde édition, du 15 au 18 juin 2017, les beaux et vaillants films qui sont arrivés jusqu’à nous invitent à s’abîmer dans les méandres d’une cinglante anatomie du mal, comme en prolongement de la marque douloureuse laissée par le sublime lauréat de l’année dernière : Moi, Olga. La figure féminine, fantasmée depuis la nuit des temps comme étant tour à tour ingénue apprivoisée, sorcière mystérieuse, repoussante pervertie ou menaçante incomprise trouve également un champ d’exploration incroyable chez les fictions et les non-fictions (nouveautés du festival) sélectionnées. Nos préjugés sont secoués et nous sommes poussés à la pondération et à la circonspection par des récits qui donnent à voir, à travers une exploitation fine et revigorante du langage cinématographique, que rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît et que nous gagnerons toujours à ouvrir nos horizons et à être à l’écoute de l’Autre. Le sacrilège et ses ondes de choc internationales et intergénérationnelles sont, en ce sens, indispensables et inestimables. Nous espérons leur offrir un tremplin bienveillant et vibrant avec cette seconde édition du Festival du Film Subversif de Metz.

Alors, que cette subversion soit fiévreuse et… contagieuse.